Par Brigitte Camus,
Critique d'Art, Paris.

 

Comment passer de la lumière à l’ombre ? Pourquoi renoncer au monde de la joie et de l’espérance pour choisir de plonger dans les ténèbres, la maladie et la mort ? Il n’y a pas forcément un événement précis qui prend le pas mais un cheminement né d’ un rapport au temps, forcément crucial, qui s’impose.

L’artiste est un sismographe dans un monde chaotique ;
il endosse ses souffrances et celles des autres
en pleine conscience ou dans un état second. Son travail allume des clignotants,
parfois à son insu.
Catherine Winandy, vigie et sentinelle, nous questionne sans apporter de réponses.

Comment passer de la lumière à l’ombre ? chez Catherine Winandy, corps et visages étreignent la nuit profonde, absolue, celle qui nous guide vers l’essence de la vie.
Sans échappatoire possible, l’espace est broyé
pour qui est en proie au désespoir.

Silhouettes tremblantes et troubles envahissent le noir de la toile. Parfois taches esquissées ou informes, elles surgissent, tels les cauchemars de Goya ou les réminiscences
de Jean Rustin,
pour cheminer dans notre mémoire
avec une étonnante légèreté malgré la gravité du propos.
En fin de compte, l’espoir renaît au bout du chemin : il se matérialise chez Catherine Winandy par des rais de lumières,
des déchirures de matières
pour entrouvrir des portes.

Clair obscur et sfumato entreprennent une danse au cœur de la noirceur des pigments ; soudain un visage apparaît avec des mains nimbées de lumière qui semblent glisser sur une paroi invisible pour tenter de dissiper un effroi de l’enfance. Ailleurs un banc s’installe, minuscule mais bien présent. La vie est là, elle triomphe au delà de la couleur, au delà du noir, au delà des apparences.

Comment passer de la lumière à l’ombre ? en glissant de l’ombre à la lumière.