Catherine Winandy

 

Par Jean Marc Tosello
Ecole d'Art Contemporain, Luxembourg


Qu'en est-t'-il de notre part d'ombre lorsque
celle-ci s'invite en une "image-miroir" du peintre?
Tout naît du tréfonds en un visible qui parfois
dérange, inquiète ou même intérroge sans détour
la condition humaine.
Certes, l'image se veut projection, sursaut
de balbutiements qui habitent l'être avant qu'elle
se rende à l'impression du regard...d'un regard
qui touche l'homme en son corps. D'un corps
naissant dans la lumière de la nuit, dénudé
de toute appartenance et de tout regard
porté en ce monde.
Visage en souffrance dans l'angoisse de la
forme à se manifester pleinement,
trahissant les avatars du genre humain
enchevetré dans le chaos originel, à rendre
possible une quelconque harmonie, une utopie de
l'ordre de la perfection, du réel comme
une entière création en soi.
Par ces travaux, Catherine Winandy soulève
une suite ouverte de corps fragmentés
au visible de notre quotidien dont le coeur en est,
de ces visages dépourvus de regard.
Tel un monde en perte de vue comme si
l'a-venir n'a de cesse de s'habiller de la nuit
du temps ou comme si en son corps,
l'homme cherche en vain, l'apparat glorieux du présent...
de se tenir debout en pleine lumière.
Ainsi, en est-t'-il de l'icône contemporaine,
d'un sacré qui s'en retourne à la nuit.